La marche fasciste de dimanche 13 mai 2012 à Paris

Quand on pense au fascisme aujourd’hui en France on pense directement à Marine Le Pen. Cela est juste, Marine Le Pen représente un force principale dans le mouvement fasciste, une force qui a sut synthétiser la pensée de nombreux courant et qui est soutenue par les plupart des groupes ou individus fascistes en France.

Mais le fascisme est un mouvement large et disparate, le succès de Marine Le Pen n’empêche pas les autres groupes et tendances de se développer. Au contraire.

Ce dimanche 13 mai 2012, des nombreux groupes nationalistes organisaient une grande marche, comme c’est le cas quasiment tous les ans depuis 1995.

Ces fascistes défilent sous prétexte de commémorer l’un des leur mort après un course poursuite avec la police le 9 mai 1994. Ce défilé est surtout l’enjeu d’intenses lutte de pouvoir et est l’occasion pour eux chaque année de se compter entre les différents groupes.

Voici un aperçu de ce défilé qui a regroupé plusieurs centaines de personnes. Chaque groupe a ses particularités, mais ils partagent tous un nationalisme agressif et un racisme prononcé, particulièrement hostile vis-à-vis des minorités arabes, juives, noires et rroms.

Les « solidaristes », c’est à dire des personnes organisées autour de Serge Ayoub, alias Batskin un « célèbre » skinhead fasciste des années 1980, est actuellement la force principale de ce mouvement du « 9 mai ». Elle formait le principal cortège, la plupart des personnes présentent s’y affirment comme nationalistes et révolutionnaires.

Un de leurs slogans, typiquement fasciste, est « ni gauche, ni droite, troisième voie ! »

Farouchement hostiles à la gauche en générale, et au Communisme et aux communistes en particulier, ces fascistes se revendiquent du « syndicalisme révolutionnaire » et mettent en avant une rhétorique pseudo-socialiste.

Leur vision est simple : les classes sociales ne devraient pas s’affronter, les pauvres, les prolétaires devraient se réconcilier avec la bourgeoisie derrière le drapeau national, seule garantie selon eux du « solidarisme ».

Cette année, ils étaient rassemblés derrière la bannière du « Front Populaire Solidariste » dont fait partie l’organisation de Serge Ayoub : 3ème voix. Ce cortège très « virile » regroupaient de nombreux skinheads fascistes et hooligans qui cultivent une attitude radicale très violente, voir militaire.

On pouvait même voire certains faire dans la caricature en défilant au pas de guerre.

D’autre groupes fascistes plus « classiques » étaient également présent :

Les royalistes du Renouveau Français qui sont hostiles à la « Révolution de 1789 ». Un de leur slogan raciste est « le métissage généralisé détruit la diversité ».

Les jeunesses nationalistes de Lyon, très catholiques et racistes également, ultra-réactionnaires, il défilaient aux cris de « Europe Jeunesse Révolution ». Ils revendiquent l’héritage par exemple de Robert Brasillach, un intellectuel fasciste antisémite ayant collaboré avec les nazi.

Des étudiants de la très bourgeoise fac de droit Assas, organisés dans le GUD, récemment reconstitué. Ces fascistes qui cultive le « style » et une attitude pseudo-rebelle sont proches du Front National.

Quelques individus du Front Comtois, des identitaires de Franche Comté. Quelques personnes aussi de la Nouvelle Droite Populaire, un groupe ultra-raciste issue du FN.

Une autre force fasciste présente ce dimanche nous intéresse plus particulièrement ici à Partisans, ce sont les nationalistes-autonomes, les NA.

C’est un mouvement assez récent et surtout composé de personnes assez jeunes souvent issue de milieux populaires. La particularité des NA est de reprendre les symboles et code de l’extrême-gauche, voir carrément de récupérer des logos antifascistes (le double drapeau rouge et noir). C’est une tradition venue des fascistes d’Allemagne.

Ce drapeau contre la « globalizzazione » (porté par des NA italiens venue à Paris ce 13 mai) est aussi clairement une récupération d’un symbole d’extreme-gauche, le dessin de la personne au point levée vient même carrément d’une affiche antifasciste.

Les NA prétendent être des révolutionnaires et se battre pour un monde meilleur et une société socialiste. Mais si les NA ne sont pas d’extrême-gauche, c’est qu’il sont emplis de racisme. Selon eux, la nation serait garante du socialisme, mais elle serait en fait victime d’agressions extérieures.

C’est pour cela qu’on pouvait les voir chanter « bleu blanc rouge, la France aux français » ou « islamistes, hors d’Europe ». Et en s’affirmant, « libre, social, et national », le mouvement NA prétend être « anti, anti, anticapitaliste ».

En fait, le point commun de tous les groupes fascistes présents ce 13 mai à Paris, c’est qu’ils ne critiquent nullement le capitalisme. Selon eux, il n’y aurait en fait pas de lutte de classe, c’est à dire une lutte du peuple, des prolétaires qui produisent les richesses du monde et subissent l’exploitation, l’oppression et la misère contre les classes bourgeoise qui profitent de la société.

Selon eux, le problème n’est pas le capitalisme, mais que « la nation » ne serait pas libre et devrait être libérée. Plutôt que de critiquer les fondements du capitalisme, les fascistes attaques ce qu’ils appellent le « mondialisme » pour prôner la paix entre les classes et le repli sur soit nationaliste.

Avec la généralisation et l’intensification de la crise du capitalisme, le mouvement fasciste va inévitablement continuer de se développer en France. Tout comme dans les années 1930.

Ce dont nous avons besoin pour faire face, c’est d’opposer aux fascistes une véritable culture anticapitaliste et des valeurs positives et progressistes.

Les fascistes critiquent le « mondialisme » mais il n’accepterons jamais de critiquer le racisme, le sexisme et l’exploitation comme étant les fondements de l’oppression capitaliste. Au contraire nous les antifascistes, nous critiquons tout autant les oppressions racistes, sexistes et capitalistes car elles se renforcent toutes mutuellement.

Aujourd’hui en Île-de-France, nous avons plus que jamais besoin de construire et développer un large mouvement antifasciste pour s’opposer à la progression du fascisme.

Nous avons besoin que se multiplie les groupes autonomes pour mener une véritable activité antifasciste et porter des valeurs positives, constructives, réalistes.

Pas de compromis face à nos ennemis les fascistes,

Offensive de la culture métissée et populaire,

Vive l’Action Antifasciste !

À propos de partisans

Un groupe de l'Action Antifasciste en Ile de France

Publié le 16 mai 2012, dans Actu, Analyse, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur La marche fasciste de dimanche 13 mai 2012 à Paris.

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