Archives Mensuelles: janvier 2013

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Sur la question des enfants

Un « droit à l’enfant » ?

Lors des deux grandes manifestations contre le projet de « mariage pour tous » la question des enfants est devenue une question centrale dans le combat contre le mariage pour les couples homosexuels.

Un des principaux arguments de la « manif pour tous » est qu’un enfant a le droit de savoir qu’il vient d’un homme et d’une femme, qu’il a (ou a eu) un père et une mère. Ce mariage viendrait alors casser ce principe fondamental, selon la « manif pour tous », qu’est la filiation. La raison d’être du mariage est donc d’instaurer et de préserver cette filiation, permettant à chaque enfant d’avoir une famille composée d’un père et d’une mère.

En plus de cela, s’ajoute la question de la PMA (Procréation Médicalement assistée) pour les couples de lesbiennes et de la GPA (Gestation Pour Autrui) pour les couples de gays. La PMA n’est en réalité pas si problématique puisqu’elle est déjà légale pour les couples hétérosexuels, contrairement à la GPA qui est illégale en France.

Sur la question des enfants, la « manif pour tous » a tenu a opposer les droits des enfants, à avoir un père, une mère, une filiation, au « droit à l’enfant » : PMA dans une moindre mesure, et surtout la GPA.

Rappelons encore au sujet de la GPA qu’elle est tout simplement indéfendable : être antifa aujourd’hui ce n’est pas s’opposer mécaniquement aux « réacs » et aux fascistes, mais développer une culture et style progressistes : défendre la GPA aujourd’hui c’est permettre au fascisme de se faire passer comme défenseur des femmes et des enfants, c’est nier la dignité de toutes les femmes en galère qui vont proposer de vendre leurs corps.

Et si la GPA ne fait pas partie du projet de loi de « mariage pour tous », elle en faisait intialement partie, elle était soutenue par une partie du PS et de soutien au mariage pour les couples homosexuels. Les manifestants de novembre et de dimanche derniers ne sont pas dupes et savent que la GPA est loin d’être écartée définitivement malgré les levers de boucliers.

Intégrer la GPA dans le projet de « mariage pour tous », revient à vouloir établier une fausse égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels : celui d’avoir des enfants, « ses » enfants – c’est-à-dire pas adoptés. Vouloir une fausse égalité au sujet des enfants c’est faire passer ses désirs avant les besoins de l’enfant, c’est vouloir un « droit à l’enfant ».

Les droits des enfants

La « manif pour tous » défens une vision réactionnaire de la famille dans le sens où elle ne la voit que comme un homme et une femme mariés avec un ou des enfants. Cette vision est non seulement réductrice par rapport à la réalité en France, mais aussi insultant pour toutes les familles qui ne correspondent pas à ce modèle : familles recomposées, familles monoparentales, familles homoparentales…

Les enfants ont des droits qu’il est indispenble de défendre, parmi ceux-ci il y a celui d’être élevé par un couple de personne unies qui l’aiment, l’éduquent, et le soutiennent ou, lorsque des évènements font qu’une personne part, une personne qui l’aime, l’éduque, et le soutient : ce droit c’est celui d’avoir des parents (ou un parent) qui soient là pour lui.

Cet amour, cette éducation, ce soutien ne dépend pas du fait d’être élevé par un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes peuvent tout aussi bien le faire.

Intervient alors la question de la « filiation » : est-ce mentir à un enfant que deux femmes ou deux hommes l’élevent ? Est-ce mentir à un enfant que ces parents ne soient pas tous deux ses parents biologiques ? Pour nous il est clair que non.

La « manif pour tous » met en avant la question des droits de l’enfant, mais elle la pose de manière réactionnaire. Face à au « droit à l’enfant » elle veut accorder toute son importance aux enfants, mais toujours de manière réactionnaire, et c’est donc logiquement que beaucoup de manifestants sont venus avec leur enfants. Logique mais malheureux pour eux : leurs parents leurs transmettent ainsi des valeurs…homophobes. Et parmi les plus jeunes d’entre eux, combien « découvriront » leur homosexualité dans quelques années ? Vont-ils pouvoir s’épanouir alors que leurs parents se sont servis d’eux pour défiler…contre eux ? Comment vont-ils passer ce moment de leur vie, comment vont-ils réagir vis-à-vis de leur parent et de leur homosexualité ?

Retour sur la manifestation du 13 janvier

13janv-manif02La manifestation de dimanche a rassemblée entre 340 000 (selon la préfecture) et 800 000 personnes (selon la « manif pour tous »). Au-delà de ces chiffres, il est clair que la « manif pour tous » a réussi à s’imposer politiquement, et à complètement éclipser celle de Civitas et autres catholiques intégristes. Réussite également car il n’y a eu aucun « dérapages » contrairement au dernier week-end de mobilisation où des militants fascistes ont aggressé des journalistes et les militantes des Femen. Et cela n’est pas anecdotique : ces évènements en fin de la manifestation du dimanche ont causé beaucoup de tort à l’image de l’opposition au mariage homosexuel.

Les organisateurs de la « manif pour tous » parlent donc logiquement de grande victoire – une grande victoire pour l’homophobie en réalité. Malgré tout ce que peuvent dire les manifestants et tous les organisateurs, cette « manif pour tous » défend une vision réactionnaire de la famille et du couple, où la cellule de base de la société serait ainsi le mariage d’un homme et d’une femme dans le but d’avoir un enfant ensemble. Comme nous le disions en novembre :

« Pour la « manif pour tous » permettre aux couples homosexuels de se marier constitue donc un changement de civilisation, car celui-ci contribuerait à la « précarisation familiale », liée à la « fragilisation de plus en plus grande de l’institution du mariage ». Plus clairement : une attaque contre « la famille et la cohésion sociale ». Car toute cette mobilisation derrière ses discours sur la pacifisme, et le refus de l’homophobie vise en réalité directement toutes les personnes homosexuelles, au-delà même du simple fait de pouvoir se marier. »

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Une manifestation « mariageophile, pas homophobe »

Telle est le slogan d’une des pancartes de la « manif pour tous », le but était toujours d’apparaître comme une initiative citoyenne, démocratique qui pose des questions de société ; comme ne cesse de la répéter Frigide Barjot aux homosexuels : « On vous aime ».

Bon nombre de manifestants étaient sur cette ligne dimanche, pensant sincèrement défendre une cause juste sans la moindre homophobie derrière. La contradiction entre ce sentiment de ne pas être homophobe et la portée homophobe de la manifestation montre à quel point l’homophobie imprègne l’ensemble de la société.

Toutefois, il faut aussi bien comprendre que le projet de loi, ce qu’il contient, a contenu et comment il est présenté, donne à cette critique « non-homophobe » davantage de poids. Car en plus du mariage et de l’adoption, la question de la PMA (Procréation Médicalement Assistée) et la GPA (Gestation Pour Autrui) sont censés aller ensemble.

Si la PMA pour les couples de lesbiennes est parfaitement légitime, il est clair pour nous qu’on ne peut pas être antifasciste et soutenir la GPA qui relève tout simplement de l’esclavage. Et c’est justement sur ce point que s’appuie toute une partie du discours contre le mariage homosexuel, car personne n’est dupe : la GPA n’a pas simplement été vaguement évoquée, même si elle ne fait pas partie du projet de loi sur le mariage, celle-ci fait partie du projet de « mariage pour tous ». La loi autorisant la GPA ne passera peut-être pas, mais pour le gouvernement et une partie du soutien au « mariage pour tous » mariage, adoption, PMA, et GPA vont ensemble.

Les deux manifestations et tout le mouvement qui les porte n’est pas un simple mouvement de « vieux bourges », de « réacs », etc. Il témoigne de la montée du fascisme et de l’homophobie, et il est en vérité assez logique que des milliers de personnes se soient retrouvées derrière le slogan « mariageophile, pas homopobe ».

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De fausses revendications démocratiques

Suite à cette journée, tous les opposants vont pouvoir faire encore plus pression pour exiger une référendum. Celui-ci n’aura sûrement jamais lieu, mais ce n’est pas le véritable enjeu de cette proposition.

Derrière des fausses justifications démocratique (« consulter le peuple français »), cette revendication va permettre de donner au fascisme un véritable coup d’accélérateur en libérant les paroles sous couvert de « débat de société ». Débat de société qu’il faut comprendre comme cela : « doit-on accepter et reconnaître les personnes homosexuelles ? ».

13janv-manif03Et c’est là-dessus que le fascisme va pouvoir s’appuyer pour marquer de plus en plus profondémment la société française. Poser la question même du référundum, c’est considérer les gays et les lesbiennes comme des éléments anti-sociaux : « doit-on accorder des droits à ces gens-là ? ». Poser cette question aujourd’hui, c’est déjà y répondre.

Cela permet au final au fascisme d’avancer dans sa synthèse. Cela lui permet d’avoir une audience de plus en plus large dans la société : lorsque la « manif pour tous » réclame une référendum elle offre en réalité une audience à des thèmes fascistes.

Cette manifestation aura marqué la société par son ampleur et permis au fascisme de se structurer, en particulier sur le thème de l’homophobie. Elle aura permis à l’homophobie et s’étaler au grand jour durant des heures et aux homophobes de se cacher derrière de faux arguments.

Le mois de décembre avec ses fêtes a été dur pour de nombreux (jeunes) gays et lesbiennes et vu le succès de cette manifestation, la situation globale n’est pas prête de s’améliorer dans les mois, et années, à venir. Elle aura au moins permis de faire tomber les masques chez de nombreux homophobes.

Face à l’homophobie ne baisse pas les bras et ne reste pas seul-e ! Monte ton groupe autonome antifa gay et lesbien !

L’avenir nous appartient !

Montée de l’homophobie et fascisme

Les 17 et 18 décembre ont permis aux opposants au mariage homosexuel de se sentir pousser des ailes, que ce soit Frigide Barjot et sa « manif pour tous » ou les fascistes comme CIVITAS. Chacun a appelé de nouveau à manifester le 13 janvier, mais cette fois le même jour – avec des parcours différents.

La pression envers toutes les personnes homosexuelles ne cesse de prendre de l’ampleur avec ces manifestations, qui, comme nous le disions déjà en novembre, avancent main dans la main magré des divergences. Ce n’est pas simplement une opposition de « réacs » ou d’intégristes religieux, il s’agit clairement d’un mouvement de fond: le fascisme monte en France et cette opposition au mariage homosexuel lui permet d’accélérer les choses.

En décembre 2012, SOS Homophobie a ainsi reçu trois fois plus de témoignages d’actes homophobes par rapport à décembre 2011: un tel pic est loin d’être anecdoctique.

13janv03Sur un autre plan, le tribunal administratif a décidé fin novembre (moins de deux semaines après les manifestations homophobes des 17 et 18 novembre) de retirer à SOS Homophobie son agrément du ministère de l’Education. Cela n’empêche pas l’association de continuer à aller faire des interventions dans les collèges et les lycées. Par contre, ce qui est révélateur c’est qu’elle l’avait obtenue en 2009 (un agrégment comme celui-ci est valable cinq ans) mais qu’il lui a été retiré sous la pression de…la Confédération nationale des associations de familles catholiques (CNAF). La CNAF avait saisi la justice dès octobre 2009 pour retirer à SOS Homophobie cet agrément qui lui avait permet d’être reconnue comme « association éducative complémentaire de l’enseignement public ».

Les raisons invoquées (et donc retenues) sont que certains scénarios portaient atteinte « au principe de neutralité qui s’impose aux associations qui interviennent dans l’enseignement public », par exemple celui d’un proviseur homophobe ou d’une mère homophobe (c’est pourtant une réalité), et que dans certains modules SOS Homophobie affirmaient que les religions et leurs représentants tiennent souvent des discours homophobes (ce qui est pourtant vrai). Désormais pour pouvoir faire une intervention en milieu scolaire, le proviseur devra demander une autorisation au rectorat.

Et c’est dans cette ambiance entre deux manifestations, en fin d’année avec des fêtes comme noël ou le nouvel an que de nombreux jeunes gays et lesbiennes font face à une montée d’homophobie que ce soit au collège, au lycée ou en famille.

Tous les opposants au mariage homosexuel n’ont cessé de mettre en avant le bien-être des enfants, pourtant tout ce climat de haine frappe directement les jeunes gays et lesbiennes qui ont droit à des moqueries, des insultes, voire même de la violence physique juste pour ce qu’ils sont. Faut-il rappeler qu’en France, on estime que le suicide touche cinq fois plus les jeunes homosexuels ?

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Le fascisme monte et il est clair que tout ce mouvement homophobe d’envergure lui permet d’avancer et de gagner en puissance. Ce qui se joue avec ces manifestations va clairement être un moment clé pour les mois et les années à venir. L’homophobie va être un vecteur très important dans la diffusion du fascisme, toute cette agitation autour de ce mariage va trancher les positions de chacun.

Le fascisme n’accord aucune dignité aux gays et aux lesbiennes, et chaque intervention, chaque déclaration contre le mariage homosexuel va dans ce sens que ce soit Frigide Barjot et sa « manif pour tous » qui se donne des airs « gay-friendly » ou les intégristes religieux et autres fascistes qui assument leurs positions fascistes.

Face à l’homophobie ne reste pas seul-e ! Eduque-toi, cultive-toi, connais ton ennemi !
Monte ton groupe autonome antifasciste gay et lesbien ! Rejoins l’Action Antifasciste !

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