Antifa en Ile-de-France

Les nouvelles tâches des Antifascistes
en Ile-de-France pour l’année 2012

 

L’année qui s’annonce va être décisif pour les antifascistes. A mesure que la crise du capitalisme se généralise, le mouvement fasciste renforce ses positions. On pense évidemment à Marine Le Pen bien sûr, mais il ne faut pas oublier non plus toutes les tendances du mouvement fasciste qui profitent également de la situation.

Ce qui nous intéresse à Partisans, c’est que la monté du fascisme signifie nécessairement une poussée de la résistance antifasciste, en retour.

Nous n’imaginons pas forcément des milliers de jeunes rejoindre euphoriquement le mouvement antifa -quoi qu’on est jamais sûr de rien pour ce genre de choses. Mais il va obligatoirement y avoir de nouvelles personnes qui vont se tourner vers cet horizon. Dont très certainement une forte proportion de personnes jeunes, voire très jeunes.

Ce qui est clair en tout les cas, c’est que de nouvelles situations se présentent pour les antifascistes, que de nouveaux espaces sont à conquérir. Autrement dit, il est plus que temps pour le mouvement antifa de se moderniser pour coller pleinement à la réalité quotidienne du peuple.

Les années 1990 et 2000 ont dû être assez pénibles pour les celle et ceux qui n’acceptaient la compromission avec le système et qui ne voulait ou ne pouvaient pas ignorer le fascisme. En Ile-de-France l’antifascisme s’est totalement marginalisé, replié sur lui même ; cela par nécessité certainement.

Il y a eu une scène antifasciste radicale, portée par une partie de la scène d’extrême-gauche de l’Est parisien, qui s’occupait surtout de ce que faisait les fascistes plutôt que de développer la culture antifasciste.

Également, s’est formée une micro-scène antifa, plus populaire et plus banlieusarde, autour de la tribune Auteuil du Parc-des-Prince, le stade de football. Elle est née plus par nécessité de se défendre contres les fascistes de la tribune Boulogne que par réel volonté politique ou culturelle.

Aujourd’hui, les derniers « antifa radicaux » de Paris peinent à ne pas disparaître et les quelques antifas du stade se sont fait étouffer par l’apolitisme ambiant de leur milieu et la répression qui a précédé la « modernisation » du PSG.

Maintenant, l’heure est à la reconstruction pour le mouvement antifasciste en Ile-de-France. Ce qu’il faudra absolument éviter – en tout les cas c’est ce que nous pensons- c’est de remonter une « scène », un milieu antifa, replié sur lui même, fermé aux préoccupation populaires quotidiennes.

Pour renaître, le mouvement antifasciste doit se diffuser dans le peuple et donner naissance à un foisonnement d’initiatives, de projets et d’actions ! Ce que nous espérons, et ce pourquoi nous continuerons à nous battre cette année, c’est la multiplication des groupes autonomes antifascistes partout dans la région.

Pour que cela fonctionne, il ne faudra oublier personne, prendre en compte toutes les réalités locales. En Ile-de-France, notre situation est particulière. Que l’on soit à Paris, en proche banlieue dans le 92, le 93 et le 94 ou bien en grande Banlieue dans le 77, 78, 91 ou 95, les situations sont totalement différentes.

Nous nous adresserons tout autant à ce prolétaire de culture reggae vivant dans un pavillon du 95, à cette jeune femme qui se dresse contre la pression patriarcale dans sa cité, à cette petite bande de hardstyleur du 91 qui n’apprécient pas trop la présence des nationalistes dans le milieu, à ce jeune intérimaire de Rungis qui met toujours du rap très fort dans ses écouteurs pour éviter d’entendre les horreurs racistes de certains de ses collègues, à cette étudiantes qui manque de détruire la télévision de son studio parisien à chaque fois qu’elle entend Eric Zemmour parler…

Nous nous tiendrons prêt à agir et réagir très vite pour se rendre utile si la question antifasciste devait tout à coup prendre une importance populaire énorme – nous pensons par exemple à ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen se retrouvait au second tour des élections présidentielles…

En attendant, l’actualité, la tâche des antifascistes aujourd’hui, c’est de se reprendre en main, de se regrouper autour de soi, de compter ses forces, de réfléchir et d’agir. Agir, mais efficacement, sans perdre de temps dans des dépenses inutiles d’énergie.

Et il est indispensable d’avoir toujours à l’esprit cette réalité fondamentale : on n’arrêtera pas le fascisme avec de belles phrases entre nous mais en créant l’unité populaire autour de valeurs progressistes, positives qui s’opposent unilatéralement au fascisme !

En 2012 n’attend plus, monte ton groupe autonome antifa,
mène la résistance de la culture métissée et populaire, rejoins l’Action Antifasciste!

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