Archives Mensuelles: avril 2012

Contre Marine Le Pen, rompre l’isolement !

C’est tout de même assez cocasse de lire sur le site des identitaires parisiens du projet-apache qu’ils regrettent que le vote FN soit faible à Paris du fait de l’embourgeoisement de la ville.

Autant il est vrai que les bourgeois et les bobos mettent la pression sur les familles modestes de Paris en faisant monter les loyers, autant les identitaires du projet-apaches sont justement des bourgeois qui délirent au sujet de « Panam » avec leurs préoccupations de bourgeois.

Ce qui intéresse surtout les identitaires, c’est un trip romantique (et raciste) sur un Paris d’avant, qui était censé être mieux, plus « authentique ».

Les identitaires sont des fascistes, ils ne veulent pas changer le monde, ils veulent simplement faire tourner la roue de l’histoire à l’envers. Tout comme Marine Le Pen. Alors ils ne veulent ni ne peuvent comprendre la réalité.

Si les prolétaires ont massivement quitté Paris, c’est aussi pour trouver en banlieue des logements plus grand et plus salubre. La vie des prolétaires dans le Paris des années 1950 n’était certainement pas enviable. Et ce sont les plus pauvres des prolétaires – souvent des immigrés récents – qui vivent encore dans les quartiers populaires de Paris, dans des logements petits et peu salubres.

Si aujourd’hui la grande masse des prolétaires cherche à habiter dans des pavillons en grande banlieue, c’est aussi pour fuir le quotidien étouffant et pollué de la vie à Paris et en proche banlieue.

La réalité, c’est que les prolétaires n’aiment pas Paris. Et d’une certaine manière, ils ont raison.

Cela, Marine Le Pen l’a très bien compris. C’est notamment une des raisons pour laquelle elle à fait des gros scores dans certaines zones populaires péri-urbaines en Île-de-France.

Quand Marine Le Pen se moque dans son meeting de Henin-Beaumont des « bobos » qu’elle imagine « prendre leur vélibs » pour se rendre successivement aux meetings de Hollande et Sarkozy à Vincennes et à la Concorde, elle sait très bien que cette « critique » plaît aux prolétaires.

Les prolétaires ont quittés les centres des grandes villes pour essayer de se rapprocher de la nature. Mais en fait, plutôt que la nature, ils se sont retrouvés isolés dans leurs jardins, au milieu d’un désert culturel.

Les prolétaires en grande banlieue se retrouvent alors prisonniers de leurs automobiles pour essayer de s’échapper. Alors logiquement ils détestent les bobos parisiens qui eux se croient écolos avec leur vélo. Même si les prolétaires en grande banlieue aiment souvent beaucoup le cyclisme, en fait.

Il y a une raison particulière pour laquelle Marine Le Pen à fait un petit score dans la ville de Paris. La raison, c’est le métissage important de la population.

Lorsque les antifascistes parlent de métissage, il ne s’agit pas d’un métissage dans l’origine physique des individus – cela ne nous intéresse pas car nous ne sommes pas raciste. Ce qui nous intéresse par contre, et que nous trouvons positif, c’est le métissage culturel.

Paris et la proche banlieue sont très métissées culturellement, avec aussi beaucoup de personnes qui sont ou connaissent des immigrés qui n’ont pas la nationalité française. C’est pour cela que Marine Le Pen ne rencontre que peu de succès. Car elle propose une vision du monde de replis sur soit qui s’oppose totalement à la vie quotidienne des personne qui y vivent.

Au contraire, les personnes qui vivent dans les zones populaires de la grande banlieue sont en fait très isolés – politiquement, culturellement et socialement.

Le repli sur soit nationaliste parait d’autant plus comme une solution pour des personnes quand elles se sentent isolées – et d’une certaine manière « encerclée ».

Certaines personnes se sentent « encerclées » par les immigrés ou les filles et fils d’immigrés, alors ils deviennent raciste.

Beaucoup se sentent surtout encerclées par les problèmes de la vie quotidienne et l’absence d’horizon dans la société capitaliste.

La démagogie nationaliste apparaît comme une solution pour rompre l’isolement – la Nation apparaît comme « un refuge ».

Mais bien sur, c’est une fausse solution – c’est une option qui sert le système capitaliste à se sauvegarder, à ne pas être remis en cause. Les fascistes comme Marine Le Pen défendent le nationalisme pour empêcher le peuple de remettre en cause le capitalisme et ses valeurs.

Au contraire, la tâche des antifascistes en Île-de-France, c’est de rompre l’isolement. De tracer de véritables perspectives pour combattre et dépasser la réalité brutale de la vie dans le capitalisme.

Rompre l’isolement, cela signifie produire de la culture, une culture antifasciste positive, basée sur une vision du monde positive et constructive. C’est cela qui fait notre différence avec les fascistes.

Que cela soit dans la proche banlieue parisienne ou bien dans la grande périphérie, la tâche des antifascistes est de porter l’offensive de la culture métissée et populaires, contre la vision du monde borné des fascistes de toute sorte.

Affirmer que le métissage culturel est une bonne chose, cela est fondamentale pour combattre la démagogie des fascistes qui voudraient faire croire qu’une société pourrait se développer en se renfermant sur elle-même.

Il y a une choses que n’ont pas compris les identitaires parisiens du projet-Apache – tellement qu’ils sont aveuglés par leur racisme anti-arabe et leurs t-Shirt «La Motte-Picquet – Grenelle».

C’est que si Paris est ce qu’elle est aujourd’hui – c’est à dire que malgré ses défauts de villes asphyxiante elle est un lieu important de culture et a une grande place dans l’histoire de l’humanité – c’est parceque Paris s’est ouverte sur le Monde, c’est notamment parceque Paris à accueillis et intégrée la culture de populations venants de toute la Terre.

Mais les bourgeois détestent le métissage, ils veulent rester entre eux pour ne surtout pas partager leurs richesses. Les bourgeois parisiens étaient tout autant racistes vis-à-vis des immigrés bretons ou auvergnats qui vivent maintenant en grande banlieue, qu’ils le sont aujourd’hui vis-à-vis des immigrés arabes ou d’Afrique sub-saharienne.

Aujourd’hui avec Marine Le Pen, les bourgeois polluent l’esprit des prolétaires du racisme et du nationalisme, après avoir pollué leur vie.

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18% de Marine Le Pen : le fascisme se renforce de toutes parts en France

Ce qui marque évidemment ce premier tour des élections présidentielles 2012, c’est le score de 18% atteind par Marine Le Pen.

6,4 millions de voix, cela signifie qu’il y a en France au moins 6,4 millions de personnes qui supportent la démagogie nationaliste et populiste de Marine Le Pen. Cela est énorme, terriblement énorme. Mais cela ne doit pas masquer pour autant une autre réalité essentielle pour les antifascistes :

le fascisme est un mouvement, c’est une dynamique large qui se renforce de toute parts.

En Ile-de-France, pour des raisons particulières notamment liées au fort métissage de la population, les masses restent très méfiante vis-à-vis du Front National – le score de Marine Le Pen est ici globalement inférieur à la moyenne nationale.

Mais cela ne signifie pas que le fascisme avancerait moins ici, il prend simplement des formes qui peuvent être différente. Les massacres d’enfants juifs par Mohamed Merah peut sembler n’avoir rien à voir avec la poussée Marine Le Pen, pourtant, il est clair que tout cela participe de la même dynamique fasciste. Cela, il ne faudra surtout pas l’oublier, jamais.

D’autant plus qu’en Ile-de-France, surtout en proche banlieue, fréquentes ont été les affiches de candidats sur lesquels ont pouvait voir tagué une magen david, de manière antisémite pogromiste.

Aujourd’hui, Marine Le Pen doit être au centre de l’attention des antifascistes car elle synthétise une grande partie du mouvement fasciste français et recueille de nombreux soutient – de Alain Soral à Serge Ayoub « Batskin ».

Mais il ne faut surtout pas oublier pour autant les différents groupes et mouvances qui vont profiter de la percée électorale du Front National pour continuer à se développer, en misant sur la surenchère nationaliste, raciste et pseudo anticapitaliste. On pense là tout autant aux nationalistes-autonomes de la grande banlieue qu’aux bourgeois et petites-bourgeois identitaires parisiens du Projet-Apache par exemple.

Il ne faut pas perdre de vue non plus le fait que le nationalisme se renforce et se généralise en France, comme fruit de la volonté de ceux qui défendent le capitalisme d’empêcher les masses de se révolter et de s’en prendre aux fondements de l’exploitation et des oppressions.

Le nationalisme est un poison capitaliste, qui est tout autant véhiculé par François Hollande ou Nicolas Sarkozy que part Marine Le Pen. Et le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon peut bien tenter de faire croire qu’il s’est opposé de toutes ses forces à Marine Le Pen, il n’empêche que sa démagogie nationale et populiste va exactement dans le sens du Front National.

Tout cela, il va falloir l’analyser sérieusement et largement pour comprendre comment mettre en œuvre un ligne antifasciste populaire efficace. Pour ne pas céder aux sirène de l’urgence, mais pour ne pas non plus se laisser passivement noyer par la vague fasciste qui s’annonce.

Voici déjà les scores obtenus par Marine Le Pen dans les départements d’Ile-de-France, ce qui peut donner une idée de la situation. Nous y reviendrons plus précisément dans les prochains jours.

Bien sur, ces scores ne peuvent être interprétés sans prendre en compte l’abstention officielle qui tourne généralement autour de 20%, ni le fait que beaucoup de personnes ne sont de toute façon pas inscrites sur les listes électorales.

En tous les cas, ce qui saute aux yeux surtout, c’est la différence entre les scores à Paris et proche banlieue et les scores en grande banlieue. C’est une réalités à prendre absolument en compte pour faire avancer les positions antifascistes en Ile-de-France.

6,2% à Paris soit 60 000 voix environs
8,51% dans les Hauts-de-Seine soit 60 000  voix environs
11,86% dans le Val-de-Marne soit 70 000 voix environs
13,5% en Seine-Saint-Denis soit 70 000 voix environs

12,43 dans les Yvelines soit 90 000 voix environs
15,20% dans l’Essone soit 90 000 voix environs
15,60% dans le Vald’Oise soit 85 000 voix environs
19,65 % en Seine et Marne soit 125 000 voix environs

Contre le nationalisme, le racisme et les démagogies populistes,
Vive l’unité populaire antifasciste !
Offensive de la culture métissée et populaire !

[Union Antifasciste Toulousaine] Mohamed Merah : victoire de la haine

Voici le communiqué de l’Union Antifasciste Toulousaine suite aux meurtres de militaires et au massacre antisémite de Toulouse.

Le 11 mars 2012 à Toulouse, le jeune Mohamed Merah, nouveau djihadiste, tue un militaire français par balle.
Le 15 mars 2012 à Montauban, Mohamed Merah tue 3 militaires français par balle.
Le 19 mars 2012 à Toulouse, Mohamed Merah tue 4 juifs par balle devant leur école juive.

S’en suit la panique, la peur, la paranoïa, le plan Vigipirate niveau écarlate, puis les minutes de silences, les manoeuvres politiques, les scandales. À une période, il était question de suspecter des néo-nazis de l’armée française. Et finalement, voilà qu’il n’y a plus de doute, au fascisme « vieille école » s’est substitué un fascisme religieux islamiste. Mohamed Merah tue car il est en guerre (sainte). Nous savons bien que le fascisme possède plusieurs visages. Et qu’il se cache là où on ne l’attend pas. Nous nous passerons de minutes de silence, et laisserons le deuil et la souffrance aux familles et proches des victimes. Ce que nous retiendrons, c’est le battage médiatique qui enroba l’affaire Merah. Nous entendrons toute une flopée d’experts en tout genre. Psychologues, journalistes, proches, qui tenteront une approche quasi psychanalytique de l’affaire. La vie de Mohamed Merah est exposée. Misère, quartier nord de Toulouse, quartier sud… On apprendra qu’il en a bavé. Qu’il était mégalo mais réservé. Poli mais violent. On apprendra qu’il a fait de la prison et que son frère était islamiste. Situation familiale difficile. Petits délits. Plus qu’un profil type, une caricature. Ce qui nous frappe dans cette somme d’informations vulgairement vomie par les médias, c’est la malheureuse banalité de ce parcours, dommage collatéral du néo-colonialisme et du capitalisme « à la française ».

Ce à quoi une droite plus ou moins dure rétorquera un traditionnel : « pas d’excuse pour les assassins » satisfaisant ainsi un désir primaire de haine et de punition, pour surfer sur « l’effet fait divers », pour encore rajouter au climat de peur, et faire d’un triste évènement une généralité. Enfin, les candidat-e-s à l’élection présidentielle en profiteront pour tenter de transformer l’affaire en sources de bulletins.
Tout un chacun aura son analyse. Les plus réactionnaires diront que Mohamed Merah aurait dû être pendu depuis longtemps, les moins réactionnaires diront que l’on aurait dû l’ « aider en prison » (ce fantasme humaniste pro carcéral). Aucune de ces considérations ne nous semblent pertinentes car elles ne se posent pas les bonnes questions. Il nous semble prioritaire d’analyser les phénomènes sociaux qui mènent au fascisme pour mieux les combattre et les détruire.

Bien évidemment, peu de gens se risqueront à prendre en considération et surtout remettre en question les lourds paramètres sociaux ayant influencé ce « jeune de cité HLM » dans son parcours si commun. Certes tout expliquer par le déterminisme social serait de la malhonnêteté intellectuelle. Mais dans une société répressive qui fonctionne sur l’idée qu’une minorité de possédants doit exploiter une majorité de pauvres, les perspectives d’avenir sont vite bouchées. Et les réponses à ce constat parfois inappropriées.
Comme toutes les idéologies d’extrême droite, l’islamisme radical et le djihadisme naissent d’une crise, sociale et psychologique. Par l’attrait de l’absolu et de l’exclusion, ces idéaux détournent une classe populaire de sa lutte contre l’oppression capitaliste en la transformant en haine religieuse et rejet de l’autre.
C’est ce phénomène et cet état de fait que nous déplorons et qu’il nous semble important de combattre. Mohamed Merah, extrémiste religieux, est mort en martyr djihadiste. Sous produit de la société française, il aura tué et sera mort pour une cause fasciste. Et son histoire fera la joie des autres formes de fascisme. Le traitement médiatique de l’affaire Merah fait le jeu du pouvoir et de l’extrême droite. Ses répercussions sur la vie politique toulousaine sont importantes, et ne font que commencer. Cette affaire est bien évidemment du pain béni pour l’extrême droite. Ce fait divers sert encore de prétexte pour faire des amalgames honteux, que nous condamnons : immigration, insécurité, islamisation, tels sont les thèmes qui reviendront avec ferveur et populisme dans la bouches des extrémistes de droite. Pour exemple : La Ligue de Défense Juive (LDJ), groupuscule sioniste violent proche du front national, monte une section toulousaine et appelle tous les juifs de Toulouse à les rejoindre. L’affaire Merah aura permis cette implantation de l’extrême droite dans notre ville. Nous nous opposons à sa création. L’extrême droite locale s’en voit renforcée en nous servant les habituels discours sécuritaires et identitaires, prônant le repli sur soi, la préférence ethnique et le racisme. L’Etat en profitera aussi pour justifier une nouvelle vague de répression et de sécuritaire Cette affaire aura bien servi la droite radicale. Il est grand temps de nous détacher de toute idéologie d’exclusion quelle qu’elle soit, de dépasser les clivages racistes qui opposent les exploité-e-s et les embourbent dans des luttes fratricides. Aucune forme d’extrémisme religieux ou de fascisme traditionnel n’est une alternative à la société capitaliste qui nous oppresse, bien au contraire. Il nous faut lutter ensemble contre l’état fasciste et ses excroissances radicales dans la rue.

Face à la stigmatisation des immigrés et fils et filles d’immigrés après l’affaire Merah,’ lUAT rappelle ses positions antiracistes, antifascistes, antisexistes et anticapitalistes antisioniste. Nous rejetons en bloc le fascisme, qu’il soit djihadiste ou nazi, ainsi que la répression étatique. Comme beaucoup le jeune Merah se sera trompé de combat. Nous ne cesserons de combattre cette société de classes qui arrive à rendre si attrayant le chemin allant de la misère au fascisme.