Sur la question des enfants

Un « droit à l’enfant » ?

Lors des deux grandes manifestations contre le projet de « mariage pour tous » la question des enfants est devenue une question centrale dans le combat contre le mariage pour les couples homosexuels.

Un des principaux arguments de la « manif pour tous » est qu’un enfant a le droit de savoir qu’il vient d’un homme et d’une femme, qu’il a (ou a eu) un père et une mère. Ce mariage viendrait alors casser ce principe fondamental, selon la « manif pour tous », qu’est la filiation. La raison d’être du mariage est donc d’instaurer et de préserver cette filiation, permettant à chaque enfant d’avoir une famille composée d’un père et d’une mère.

En plus de cela, s’ajoute la question de la PMA (Procréation Médicalement assistée) pour les couples de lesbiennes et de la GPA (Gestation Pour Autrui) pour les couples de gays. La PMA n’est en réalité pas si problématique puisqu’elle est déjà légale pour les couples hétérosexuels, contrairement à la GPA qui est illégale en France.

Sur la question des enfants, la « manif pour tous » a tenu a opposer les droits des enfants, à avoir un père, une mère, une filiation, au « droit à l’enfant » : PMA dans une moindre mesure, et surtout la GPA.

Rappelons encore au sujet de la GPA qu’elle est tout simplement indéfendable : être antifa aujourd’hui ce n’est pas s’opposer mécaniquement aux « réacs » et aux fascistes, mais développer une culture et style progressistes : défendre la GPA aujourd’hui c’est permettre au fascisme de se faire passer comme défenseur des femmes et des enfants, c’est nier la dignité de toutes les femmes en galère qui vont proposer de vendre leurs corps.

Et si la GPA ne fait pas partie du projet de loi de « mariage pour tous », elle en faisait intialement partie, elle était soutenue par une partie du PS et de soutien au mariage pour les couples homosexuels. Les manifestants de novembre et de dimanche derniers ne sont pas dupes et savent que la GPA est loin d’être écartée définitivement malgré les levers de boucliers.

Intégrer la GPA dans le projet de « mariage pour tous », revient à vouloir établier une fausse égalité entre couples hétérosexuels et homosexuels : celui d’avoir des enfants, « ses » enfants – c’est-à-dire pas adoptés. Vouloir une fausse égalité au sujet des enfants c’est faire passer ses désirs avant les besoins de l’enfant, c’est vouloir un « droit à l’enfant ».

Les droits des enfants

La « manif pour tous » défens une vision réactionnaire de la famille dans le sens où elle ne la voit que comme un homme et une femme mariés avec un ou des enfants. Cette vision est non seulement réductrice par rapport à la réalité en France, mais aussi insultant pour toutes les familles qui ne correspondent pas à ce modèle : familles recomposées, familles monoparentales, familles homoparentales…

Les enfants ont des droits qu’il est indispenble de défendre, parmi ceux-ci il y a celui d’être élevé par un couple de personne unies qui l’aiment, l’éduquent, et le soutiennent ou, lorsque des évènements font qu’une personne part, une personne qui l’aime, l’éduque, et le soutient : ce droit c’est celui d’avoir des parents (ou un parent) qui soient là pour lui.

Cet amour, cette éducation, ce soutien ne dépend pas du fait d’être élevé par un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes peuvent tout aussi bien le faire.

Intervient alors la question de la « filiation » : est-ce mentir à un enfant que deux femmes ou deux hommes l’élevent ? Est-ce mentir à un enfant que ces parents ne soient pas tous deux ses parents biologiques ? Pour nous il est clair que non.

La « manif pour tous » met en avant la question des droits de l’enfant, mais elle la pose de manière réactionnaire. Face à au « droit à l’enfant » elle veut accorder toute son importance aux enfants, mais toujours de manière réactionnaire, et c’est donc logiquement que beaucoup de manifestants sont venus avec leur enfants. Logique mais malheureux pour eux : leurs parents leurs transmettent ainsi des valeurs…homophobes. Et parmi les plus jeunes d’entre eux, combien « découvriront » leur homosexualité dans quelques années ? Vont-ils pouvoir s’épanouir alors que leurs parents se sont servis d’eux pour défiler…contre eux ? Comment vont-ils passer ce moment de leur vie, comment vont-ils réagir vis-à-vis de leur parent et de leur homosexualité ?

À propos de partisans

Un groupe de l'Action Antifasciste en Ile de France

Publié le 22 janvier 2013, dans Actu, mariage homosexuel, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Sur la question des enfants.

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