Contre Marine Le Pen, rompre l’isolement !

C’est tout de même assez cocasse de lire sur le site des identitaires parisiens du projet-apache qu’ils regrettent que le vote FN soit faible à Paris du fait de l’embourgeoisement de la ville.

Autant il est vrai que les bourgeois et les bobos mettent la pression sur les familles modestes de Paris en faisant monter les loyers, autant les identitaires du projet-apaches sont justement des bourgeois qui délirent au sujet de « Panam » avec leurs préoccupations de bourgeois.

Ce qui intéresse surtout les identitaires, c’est un trip romantique (et raciste) sur un Paris d’avant, qui était censé être mieux, plus « authentique ».

Les identitaires sont des fascistes, ils ne veulent pas changer le monde, ils veulent simplement faire tourner la roue de l’histoire à l’envers. Tout comme Marine Le Pen. Alors ils ne veulent ni ne peuvent comprendre la réalité.

Si les prolétaires ont massivement quitté Paris, c’est aussi pour trouver en banlieue des logements plus grand et plus salubre. La vie des prolétaires dans le Paris des années 1950 n’était certainement pas enviable. Et ce sont les plus pauvres des prolétaires – souvent des immigrés récents – qui vivent encore dans les quartiers populaires de Paris, dans des logements petits et peu salubres.

Si aujourd’hui la grande masse des prolétaires cherche à habiter dans des pavillons en grande banlieue, c’est aussi pour fuir le quotidien étouffant et pollué de la vie à Paris et en proche banlieue.

La réalité, c’est que les prolétaires n’aiment pas Paris. Et d’une certaine manière, ils ont raison.

Cela, Marine Le Pen l’a très bien compris. C’est notamment une des raisons pour laquelle elle à fait des gros scores dans certaines zones populaires péri-urbaines en Île-de-France.

Quand Marine Le Pen se moque dans son meeting de Henin-Beaumont des « bobos » qu’elle imagine « prendre leur vélibs » pour se rendre successivement aux meetings de Hollande et Sarkozy à Vincennes et à la Concorde, elle sait très bien que cette « critique » plaît aux prolétaires.

Les prolétaires ont quittés les centres des grandes villes pour essayer de se rapprocher de la nature. Mais en fait, plutôt que la nature, ils se sont retrouvés isolés dans leurs jardins, au milieu d’un désert culturel.

Les prolétaires en grande banlieue se retrouvent alors prisonniers de leurs automobiles pour essayer de s’échapper. Alors logiquement ils détestent les bobos parisiens qui eux se croient écolos avec leur vélo. Même si les prolétaires en grande banlieue aiment souvent beaucoup le cyclisme, en fait.

Il y a une raison particulière pour laquelle Marine Le Pen à fait un petit score dans la ville de Paris. La raison, c’est le métissage important de la population.

Lorsque les antifascistes parlent de métissage, il ne s’agit pas d’un métissage dans l’origine physique des individus – cela ne nous intéresse pas car nous ne sommes pas raciste. Ce qui nous intéresse par contre, et que nous trouvons positif, c’est le métissage culturel.

Paris et la proche banlieue sont très métissées culturellement, avec aussi beaucoup de personnes qui sont ou connaissent des immigrés qui n’ont pas la nationalité française. C’est pour cela que Marine Le Pen ne rencontre que peu de succès. Car elle propose une vision du monde de replis sur soit qui s’oppose totalement à la vie quotidienne des personne qui y vivent.

Au contraire, les personnes qui vivent dans les zones populaires de la grande banlieue sont en fait très isolés – politiquement, culturellement et socialement.

Le repli sur soit nationaliste parait d’autant plus comme une solution pour des personnes quand elles se sentent isolées – et d’une certaine manière « encerclée ».

Certaines personnes se sentent « encerclées » par les immigrés ou les filles et fils d’immigrés, alors ils deviennent raciste.

Beaucoup se sentent surtout encerclées par les problèmes de la vie quotidienne et l’absence d’horizon dans la société capitaliste.

La démagogie nationaliste apparaît comme une solution pour rompre l’isolement – la Nation apparaît comme « un refuge ».

Mais bien sur, c’est une fausse solution – c’est une option qui sert le système capitaliste à se sauvegarder, à ne pas être remis en cause. Les fascistes comme Marine Le Pen défendent le nationalisme pour empêcher le peuple de remettre en cause le capitalisme et ses valeurs.

Au contraire, la tâche des antifascistes en Île-de-France, c’est de rompre l’isolement. De tracer de véritables perspectives pour combattre et dépasser la réalité brutale de la vie dans le capitalisme.

Rompre l’isolement, cela signifie produire de la culture, une culture antifasciste positive, basée sur une vision du monde positive et constructive. C’est cela qui fait notre différence avec les fascistes.

Que cela soit dans la proche banlieue parisienne ou bien dans la grande périphérie, la tâche des antifascistes est de porter l’offensive de la culture métissée et populaires, contre la vision du monde borné des fascistes de toute sorte.

Affirmer que le métissage culturel est une bonne chose, cela est fondamentale pour combattre la démagogie des fascistes qui voudraient faire croire qu’une société pourrait se développer en se renfermant sur elle-même.

Il y a une choses que n’ont pas compris les identitaires parisiens du projet-Apache – tellement qu’ils sont aveuglés par leur racisme anti-arabe et leurs t-Shirt «La Motte-Picquet – Grenelle».

C’est que si Paris est ce qu’elle est aujourd’hui – c’est à dire que malgré ses défauts de villes asphyxiante elle est un lieu important de culture et a une grande place dans l’histoire de l’humanité – c’est parceque Paris s’est ouverte sur le Monde, c’est notamment parceque Paris à accueillis et intégrée la culture de populations venants de toute la Terre.

Mais les bourgeois détestent le métissage, ils veulent rester entre eux pour ne surtout pas partager leurs richesses. Les bourgeois parisiens étaient tout autant racistes vis-à-vis des immigrés bretons ou auvergnats qui vivent maintenant en grande banlieue, qu’ils le sont aujourd’hui vis-à-vis des immigrés arabes ou d’Afrique sub-saharienne.

Aujourd’hui avec Marine Le Pen, les bourgeois polluent l’esprit des prolétaires du racisme et du nationalisme, après avoir pollué leur vie.

À propos de partisans

Un groupe de l'Action Antifasciste en Ile de France

Publié le 26 avril 2012, dans Analyse, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Commentaires fermés sur Contre Marine Le Pen, rompre l’isolement !.

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